
Publié le 25 octobre 2026
À Montfort-l’Amaury, HORUS Paysages a dessiné un parc de 5 000 m² autour d’un étang alimenté par des sources naturelles, en plein cœur du bourg. Graminées, bambouseraie et boisement composent trois ambiances, reliées par une palette sobre qui part de la villa contemporaine et s’efface vers la forêt.
Le projet est né d’une plante discrète, déjà là avant nous : le Carex pendula, une laîche des sous-bois humides. Plutôt que d’importer un jardin, nous avons donc prolongé ce que le site racontait déjà. Ce parc d’étang à Montfort-l’Amaury est aussi une galerie à ciel ouvert : les propriétaires collectionnent les œuvres d’art, et le jardin les met en scène.

Le contexte : un parc et son étang en plein cœur de Montfort-l’Amaury
Derrière un long mur de pierre ancien, le terrain descend en effet doucement vers un étang. Plusieurs sources affleurent sur le site et l’alimentent ; l’eau y reste calme et réfléchit les grands arbres. Autour, un boisement spontané ferme également le fond de la parcelle. Plus haut, la villa contemporaine conçue par MLB Concept, maître d’œuvre du bâtiment, pose ses volumes de bois sombre et de béton brut.
La commande tenait en une phrase : faire de ces 5 000 m² un parc habitable, sans trahir le caractère humide et boisé du lieu. Il fallait aussi offrir une place aux sculptures de la collection, sans transformer le jardin en musée. Enfin, l’entretien devait rester à la mesure d’un jardinier seul.
Le parti paysager : des grandes masses, à la manière des jardins belges
Nous nous sommes inspirés des jardins belges, qui construisent le paysage par grandes masses végétales plutôt que par petites touches. Une palette minimaliste, quelques espèces répétées en nappes, des lignes simples : ainsi le jardin devient un trait d’union entre le construit et le naturel. Il ne prend toutefois jamais le pas sur l’architecture, ni sur le boisement.
Le parc de l’étang de Montfort-l’Amaury s’organise ensuite en trois ambiances distinctes :
- un grand parc de graminées autour de l’étang, ouvert et lumineux ;
- une bambouseraie, où l’on entre comme dans une pièce close ;
- un boisement naturel, conservé et seulement accompagné.
Entre ces trois scènes, aucune bordure, aucun massif fleuri ne vient marquer la frontière. Les transitions se font plutôt par le végétal lui-même, qui change de nature à mesure que l’on s’éloigne de la maison.

Le végétal : du Pennisetum de la villa au Carex pendula de la forêt
Un gradient du cultivé vers le sauvage
Toute la composition repose donc sur un glissement progressif. Près de la villa contemporaine, nous avons planté des cultivars horticoles, nets et réguliers, comme le Pennisetum alopecuroides ‘Hameln’. Cette herbe aux plumeaux de miel tient en boules denses ; elle répond ainsi aux lignes droites de la piscine et des terrasses.

Puis, à mesure qu’on descend vers l’étang et la forêt, la palette se relâche. Les cultivars cèdent alors la place au Carex pendula, l’espèce sauvage du site. Cette laîche aux longs épis retombants pousse naturellement dans les bois frais à humides et au bord des ruisseaux : elle était donc chez elle ici bien avant le projet. En lisière, ses touffes se fondent si bien dans le boisement qu’on ne sait plus où commence le jardin.


L’étang et ses nénuphars et lotus de collection
L’étang concentre la scène la plus contemplative du parc. Nous y avons notamment installé des nénuphars et des lotus de collection, dont les feuilles et les fleurs roses et blanches flottent devant le rideau des bambous. Côté forêt, en revanche, les berges gardent la densité d’une rive naturelle, avec leurs touffes de Carex pendula. Un petit ponton de bois traverse une masse de Schoenoplectus lacustris et de Lythrum salicaria : il permet de s’avancer au-dessus de l’eau et offre, depuis la piscine, un point de fuite poétique.

Près de la rive, un bassin rond en pierre accueille des lotus, les Nelumbo ‘Joyful Baby’. Les deux eaux se répondent ainsi à travers deux ambiances : l’une exotique, l’autre plus proche d’un étang naturel, avec les Nymphaea ‘Siam Jasmine’ et ‘Siam Purple 1’ plantés en grandes taches.
La piscine et son salon encaissé, côté villa du parc de l’étang de Montfort-l’Amaury
Au pied de la villa, la piscine s’étire entre une terrasse de bois et un parement d’acier corten, que les plumeaux des Pennisetum viennent frôler. Juste à côté, un salon de jardin encaissé change complètement d’ambiance. Abrité sous une pergola, entre des murs de béton brut, il forme une pièce à part, plus intime.

Nous y avons installé une végétation d’inspiration tropicale, qui dépayse à deux pas du boisement. Les grandes feuilles rondes et vernissées du Farfugium répondent ainsi aux feuilles palmées du Fatsia japonica. À leurs pieds, l’Iris japonica étale ses touffes persistantes, tandis qu’un jasmin habille la pergola et parfume le salon à la floraison.


La bambouseraie et les feuillages d’ombre
À l’écart, en revanche, la bambouseraie forme un jardin d’ombre, séparé du reste du parc. Elle pouvait donc s’autoriser une autre écriture. Nous avons choisi une palette de bambous composée de Pleioblastus viridistriatus ‘Vagans’, planté en grandes nappes couvre-sol, et d’un mélange de Phyllostachys bambusoides et de Phyllostachys viridiglaucescens, qui forme un fond de verdure de trois à quatre mètres de hauteur. Afin de limiter le développement des rhizomes et de conserver le dessin du jardin, des barrières anti-rhizomes ont été posées à la plantation. Au milieu de ces masses de bambous, nous avons ménagé une petite clairière de lierre et de Fatsia pour mettre en valeur une œuvre en acier corten.


Le boisement : un sous-bois de lierre et de Carex, et le bois de coupe en paysage
Au fond de la parcelle, le boisement existant ferme le parc. Nous l’avons conservé, en accompagnant seulement son sous-bois. Sous les grands arbres, un sous-bois de lierre et de Carex pendula couvre désormais la terre : le lierre s’étale en nappe sombre, tandis que la laîche dessine des touffes plus claires. Cette association persistante tient toute l’année et ne demande que peu d’interventions.
Le boisement accueille lui aussi des œuvres de la collection. Une poutre d’acier riveté se dresse ainsi parmi les arbres, parfaitement intégrée à la futaie de charmes. On la découvre depuis la cour, à travers le sous-bois, et sa rouille répond aux écorces.

Enfin, le bois de coupe ne quitte pas le parc. Plutôt que de l’évacuer, nous l’avons rangé en piles régulières entre les troncs, calées sur une bordure de pierres. Ces murets de bûches deviennent alors des éléments de paysage à part entière : ils dessinent la lisière, cadrent la cour de gravier et offrent un abri à la petite faune. La solution est sobre et efficace, car le bois sert là où il tombe.

Tous les végétaux du projet proviennent de HORUS Sourcing, notre service de fourniture de végétaux : ainsi, la conception et l’approvisionnement restent dans les mêmes mains.
Les œuvres d’art, mises en scène entre parc et étang à Montfort-l’Amaury
Les propriétaires collectionnent la sculpture contemporaine, et le parc de l’étang de Montfort-l’Amaury devait leur servir d’écrin. Notre travail a donc consisté à donner à chaque œuvre son décor, sans jamais l’écraser. Nous avons d’abord repéré les points de vue depuis la maison, la piscine et les allées, puis placé les pièces là où elles se découvrent.
- Un anneau d’acier se dresse sur la pelouse, devant le vieux mur de pierre. Depuis la piscine, les masses de graminées s’écartent pour le cadrer au fond du parc.
- Un totem d’acier corten surgit dans la bambouseraie, dans un rai de lumière. On ne le voit qu’au détour : c’est pourquoi il surprend à chaque passage.
- Une sculpture d’acier poli prend place entre deux troncs, sur un tapis de couvre-sols, près de la grange.


Le résultat : un parc d’étang à Montfort-l’Amaury au fil des saisons
À l’automne, le parc trouve sa palette la plus riche, sans une seule fleur. Les épis des Pennisetum virent d’abord au blond, puis les grands arbres s’embrasent et l’étang double chaque couleur. En hiver, ensuite, les graminées laissées en place tiennent la structure et accrochent le givre.
L’entretien reste volontairement simple. Un jardinier indépendant suit le parc ; les grandes masses de graminées se rabattent une fois par an, en fin d’hiver, tandis que le boisement ne demande qu’une veille légère. C’est pourquoi cette sobriété n’est pas seulement esthétique : elle rend le parc durable.
Nous retrouvons d’ailleurs ce rapport aux lieux dans d’autres projets voisins, comme le jardin bohème de Montfort-l’Amaury, le boisement naturel de Neauphle-le-Château ou le jardin de graminées de Mareil-sur-Mauldre. Nos autres jardins du secteur sont réunis sur la page architecte paysagiste à Montfort-l’Amaury, et notre approche pour l’ensemble du département sur la page architecte paysagiste dans les Yvelines.
Questions fréquentes
Oui, et l’étang en devient souvent le cœur. À Montfort-l’Amaury, HORUS Paysages a planté de grandes masses de graminées sur les berges ensoleillées et laissé les rives boisées à leur densité naturelle. Le secret tient d’abord à l’observation : on s’appuie sur les plantes que l’humidité du site fait déjà pousser, comme le Carex pendula.
On part le plus souvent de la collection du client, que l’on intègre dès le début à la réflexion sur le parc. Nous travaillons ensuite les points de vue depuis la maison, la terrasse et les allées, comme le font les jardins de sculptures de la Fondation Maeght ou de la Commanderie de Peyrassol. Chaque œuvre trouve alors un fond sobre, un mur nu ou une masse de graminées, qui la laisse exister.
Grâce à HORUS Sourcing, notre activité de fourniture, nous travaillons avec un réseau de marchands d’art et d’artistes. Nous pouvons ainsi rechercher une œuvre pour un emplacement précis du jardin, à la bonne échelle et dans la bonne matière. L’œuvre entre alors dans le dessin du parc au même titre que le végétal.
C’est un jardin construit par grandes masses végétales répétées, avec une palette restreinte et des lignes simples. Plutôt qu’une collection de plantes, il compose donc des volumes qui structurent l’espace toute l’année. Cette approche convient particulièrement aux grands parcs, car elle reste lisible de loin et sobre d’entretien.
Vous avez un parc, un étang ou une collection à mettre en valeur ? Discutons-en.
LE JARDIN EN QUELQUES MOTS
- Superficie : 5000m2
- Localisation : Montfort-l’Amaury
- Conception parc : HORUS Paysages
- Conception générale et bâtiment : MLB Concept
- Végétaux : HORUS Sourcing
- Réalisation : Servent Paysage (en partie) et un jardinier indépendant
- Entretien : un jardinier indépendant

Stanislas Jung est paysagiste concepteur DPLG, formé à l’École nationale supérieure de paysage de Versailles, et fondateur d’HORUS Paysages. Depuis Feucherolles, il conçoit jardins et parcs dans les Yvelines, en Normandie et sur la Côte d’Azur, de l’esquisse au suivi de chantier. Si la botanique et l’écologie sont nécessaires, il n’oublie pas l’importance du trait : le jardin comme trait d’union entre « le sauvage » et « le construit ». Ses immersions en milieu naturel, de la Mongolie à l’Islande, nourrissent chaque projet.