
Sur une parcelle de 1 286 m² en pente, à Saint-Laurent-du-Var, HORUS Paysages a dessiné un jardin exotique à deux climats. Près de la maison, une jungle de bananiers, de philodendrons et d’agrumes s’installe entre de gros blocs de roche ocre. Plus loin, sur les talus, une palette méditerranéenne sobre prend le relais. Les Bâtisseurs du Paysage l’ont réalisé et livré en 2026.
Une maison neuve, un terrain qui descend
La maison venait d’être achevée. Autour, un terrain nu qui plonge d’un seul tenant vers le bas de la parcelle, et un programme dense : une cuisine d’été avec son bar, une grande table pour douze à quatorze convives, un salon, la piscine, un terrain de pétanque, un coin brasero, le stationnement de deux véhicules et un local vélo.
Tout cela devait trouver sa place sur une pente. C’est la première équation du projet, et elle conditionne tout le reste : on ne pose pas une table de douze couverts sur un talus.
Lors de l’esquisse, nous avons présenté plusieurs partis. Les propriétaires ont choisi le plus contrasté : un mélange de « jungle » et de méditerranéen. Nous avons ensuite réorganisé le plan avec eux, puis l’avons précisé en avant-projet au mois d’avril 2026.
Le parti paysager : la jungle au plus près, la garrigue en lisière
Le dessin repose sur une idée simple. Plus on s’approche de la maison et des lieux de vie, plus la végétation devient luxuriante. Plus on s’en éloigne, plus elle se fait sèche, claire, économe en eau.
Autour de la pergola et de la douche extérieure, le massif exotique joue les grandes feuilles. Bananiers, Strelitzia augusta et Philodendron bipinnatifidum ‘Selloum’ composent une scène dense, presque tropicale. Des agrumes y apportent leurs fruits, et la fougère Cyrtomium falcatum tapisse les zones d’ombre.
Sur les talus et en limite, le registre change. Oliviers, filaires (Phillyrea angustifolia), arbousiers et graminées légères dessinent un paysage de garrigue, plus proche de la végétation des collines alentour. Entre les deux mondes, la roche fait le lien.
De l’esquisse au jardin : trois croquis
Trois croquis ont porté le projet dès l’esquisse. Ils fixent les intentions avant les cotes : où l’on s’assoit, par où l’on passe, ce que l’on voit.

Le premier cadre l’arrivée. Un grand palmier, des strelitzias et des touffes de palmes bordent la calade, entre le stationnement et le portail. C’est le premier visage du jardin pour qui arrive.

Le deuxième regarde la maison depuis le bas du jardin. Pergola, cuisine d’été, grande table, banquette du salon, piscine : tout le programme tient sur deux plateaux. La pergola y est dessinée sombre, en acier brut. Au fil des mises à jour, elle est passée en finition claire, couverte de cannisse. Les photographies plus bas montrent le résultat.

Le troisième passe côté garrigue. Sous les oliviers, un brasero s’installe au creux d’une prairie de graminées, et la piscine se devine plus loin. Ici, l’ombre des arbres fait le dessin.
Tenir la pente : roche, calade et traverses de chêne
Si la palette donne l’ambiance, c’est le sol qui a demandé le plus de travail. Le terrassement a façonné deux plateaux d’usage, l’un pour la cuisine et la salle à manger, l’autre pour le salon de jardin.
Pour retenir les terres, nous avons choisi l’enrochement plutôt que le béton. De gros blocs, d’un à deux mètres de long, d’une teinte accordée aux roches déjà présentes sur le site, tiennent le talus d’entrée. Les pierres extraites sur place reprennent du service autour du salon. Chaque bloc crée un petit replat où la terre et le paillage restent en place.
La rampe d’accès reçoit une calade de pierres plates, posée en pente. Ce pavage traditionnel provençal tient les véhicules et intègre deux redents qui cassent la vitesse des eaux de ruissellement. Un caniveau en fonte recueille le reste avant raccordement au réseau d’eaux pluviales.
Côté piétons, des emmarchements en traverses de chêne posées sur chant rattrapent les niveaux. Le bois grisera avec le temps et rejoindra la teinte de la pierre.

Une pergola pour vivre dehors
La salle à manger d’été s’abrite sous une pergola à structure claire et toiture de cannisse. La lumière y passe filtrée, le vent aussi. Des suspensions en fibre tressée l’éclairent le soir.
Sur les poteaux montent des grimpantes, qui finiront par fondre la structure dans le végétal. Depuis la table, la vue s’ouvre au-delà de la haie vers le grand paysage. À quelques pas, la douche extérieure en finition cuivrée se prend au milieu du massif, entre agrumes et larges feuilles.

La palette végétale, strate par strate
Côté exotique. Les palmiers structurent l’ensemble : Phoenix roebelenii en touffes basses sur le talus d’entrée, Chamaerops humilis, un grand Phoenix sylvestris et le petit palmier bambou Rhapis excelsa. Les feuillages architecturaux suivent avec les Strelitzia, les Philodendron et les Phormium tenax et cookianum, dont les lames vertes répondent aux palmes. Au sol, l’Iris confusa et la Bletilla striata rose fleurissent sous la fougère.
Côté méditerranéen. Des oliviers ‘Leccino’ à port naturel et élancé, divisés en trois ou quatre charpentières, donnent l’échelle. L’olivier existant, lui, a changé de place plutôt que de tomber. En dessous, une haie libre de Phillyrea angustifolia et d’Arbutus unedo ferme les vues. Une prairie de graminées légères (Stipa tenuissima, Pennisetum macrourum ‘White Lancer’) se mêle aux épis bleus des Perovskia ‘Little Spire’ et ‘Blue Spire’ et aux fleurs blanches du Cistus ladanifer.
En limite. Une haie persistante d’Eugenia myrtifolia assure l’intimité. Le jasmin étoilé (Trachelospermum jasminoides) et la glycine (Wisteria floribunda) habillent les structures.
Chaque monde a son paillage. Sur les massifs exotiques, cinq centimètres de bois raméal fragmenté gardent la fraîcheur et nourrissent le sol. Côté sec, une grave calcaire 0/40, accordée à la couleur des roches du site, couvre la terre.
L’eau et la lumière, dans la même tranchée
Un jardin exotique sur la Côte d’Azur ne vit pas sans eau l’été. L’arrosage passe en goutte-à-goutte autorégulant, à 1,6 l/h par goutteur espacé de 40 cm, piloté par électrovannes et programmateurs. Chaque ambiance reçoit ainsi la dose qui lui convient : généreuse côté jungle, minimale côté garrigue.
Le réseau d’éclairage emprunte les mêmes tranchées que l’arrosage. Moins de terrassement, moins de reprises. Des micro-projecteurs sur piquet, discrets dans les massifs, éclairent les palmes et les blocs de roche par en dessous.
Le jardin, premier été
Les photographies de cet article datent de la fin août 2026, quelques mois après la plantation. Les bananiers ont déjà pris leurs aises, les agrumes portent leurs premiers fruits, les grimpantes gagnent les poteaux de la pergola. Palmiers et haies, eux, prendront deux ou trois saisons pour atteindre leur volume.
Nous reviendrons photographier le jardin à chaque saison de reprise. Nous compléterons cette section au fil des années.





Saint-Laurent-du-Var fait partie des communes où HORUS Paysages intervient régulièrement, entre Nice et le reste des Alpes-Maritimes. Sur un terrain plus serré, découvrez aussi comment nous avons supprimé un vis-à-vis autour d’une piscine au Cannet.
Questions fréquentes
Oui. Sur le littoral des Alpes-Maritimes, les gelées restent rares et brèves, ce qui permet de cultiver bananiers, Strelitzia, Philodendron et agrumes en pleine terre. La condition est de rapprocher ces plantes de la maison, à l’abri du vent, et de leur garantir un arrosage régulier l’été. Plus loin, une palette méditerranéenne sèche prend le relais et limite les besoins en eau.
On commence par créer des plateaux d’usage pour les lieux de vie : table, salon, piscine. Les talus restants sont tenus par des enrochements, plus naturels qu’un mur et favorables à la plantation entre les blocs. Des emmarchements relient les niveaux. La gestion des eaux de ruissellement, avec caniveaux, redents et rigoles, se dessine dès l’esquisse, car elle conditionne la tenue de l’ensemble.
Le goutte-à-goutte autorégulant, enterré sous le paillage, est la solution la plus sobre. Il apporte l’eau au pied des plantes sans perte par évaporation. En le découpant en secteurs pilotés par électrovannes, on arrose généreusement les massifs exotiques et très peu les zones méditerranéennes. Un paillage de bois raméal fragmenté réduit encore les besoins.
À Saint-Laurent-du-Var, l’esquisse a été présentée début avril 2026, l’avant-projet le 20 avril, puis la conception technique a suivi dans la foulée. Fin août, le jardin était planté et photographié. Ce calendrier resserré suppose des choix rapides de la part des propriétaires et une entreprise de réalisation disponible.
Vous avez un terrain en pente, une maison neuve, l’envie d’un jardin qui change d’ambiance d’un bout à l’autre ? Discutons-en.
LE JARDIN EN QUELQUES MOTS
- Superficie : 1286m2
- Localisation : Saint-Laurent-du-Var
- Conception : HORUS Paysages
- Réalisation : Les Bâtisseurs du Paysage
- Livraison : 2026

Stanislas Jung est paysagiste concepteur DPLG, formé à l’École nationale supérieure de paysage de Versailles, et fondateur d’HORUS Paysages. Depuis Feucherolles, il conçoit jardins et parcs dans les Yvelines, en Normandie et sur la Côte d’Azur, de l’esquisse au suivi de chantier. Si la botanique et l’écologie sont nécessaires, il n’oublie pas l’importance du trait : le jardin comme trait d’union entre « le sauvage » et « le construit ». Ses immersions en milieu naturel, de la Mongolie à l’Islande, nourrissent chaque projet.